12/06/08

Normand Fréchette et Les Hou-Lops - J'étudie mon Grec

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Ok, là, j'ai décidé d'arrêter de niaiser pis de vous donner du vrai bon garage québécois, ce qui a de plus raw et ce qui de plus real.

Bien sûr, les plus grands classiques du garage québécois sont bien connus... des connaisseurs. Ceux qui, comme moi il y a quelques années, s'intéressent au garage québécois mais n'en sont pas complètement fous, n'ont pas toujours accès à ces petits joyaux. C'est tout simplement pour ça que j'ai décidé de mettre sur Vente de garage plusieurs morceaux, souvent compilés, mais toujours aussi bons... des classiques du garage québécois, quoi!

Donc, le premier de la série, c'est un monstre de fuzz. La collaboration de Normand Fréchette et Les Hou-Lops, avec l'unique 45 tours sorti de cette étrange rencontre: J'étudie mon Grec.

Il y en a sacrément long à dire sur Les Hou-Lops. En fouillant sur le oueb, vous trouverez facilement des infos sur le quatuor de St-Hyacinthe.

Parmi les faits les plus intéressants, notons que Les Hou-Lops lancent leur 1er 45 tours en 1963 (Pachilla/Tjoelala, Meteor, MET338). Après s'être fait reprocher leur nom à sonorité anglophone, ils choisissent de se teindre les cheveux en blanc et d'adopter le nom Les Têtes Blanches.

Qui c'est qui est pas content? Ben Kaye, gérant des Classels. Ce dernier décide d'intenter une injonction contre Les Hou-Lops/Têtes Blanches afin de leur interdire, ainsi qu'à tout autre groupe québécois, d'utiliser la couleur blanche dans leur nom, puisque ses Classels sont déjà tout de blanc vêtus. Il faut croire qu'il a fait exception pour Les Gants Blancs de Gerry Boulet!

Toujours est-il qu'ils reviennent au nom Les Hou-Lops et connaissent une carrière fulgurante au Québec. Cela les poussera à voyager souvent vers l'Europe où ils ouvrent pour The Animals lors de leur premier voyage, en 1964. Lors d'un second voyage sur le vieux continent, en 1966, ils réchauffent la salle pour nuls autres que The Rolling Stones, à l'Olympia de Paris, en compagnie notamment d'Antoine et Les Problèmes ainsi que des Sharks, que j'aime bien. Ils jouent à quelques endroits en France et semblent s'établir plus longtemps en Belgique, un autre terreau fertile de garage francophone, où ils enregistrent leur album anglophone Off. Plusieurs 45 tours des Hou-Lops/Têtes Blanches sont aussi lancés pour le marché européen.

Côté son, mis à part quelques quétaineries pop, ils nous ont gâté de fuzz, de bon beats lourds proto-punks et d'un paquet de reprises style Nuggets. Citons premièrement leur reprise du succès doo-wop américain Mother In-law. Récemment, un icône du punk et de la musique alternative québécoise en général, Alan Lord (guitariste de Vent du Mont Schärr, entre autres) me disait que selon lui, ce serait la première chanson punk québécoise. Pourquoi pas! Ils reprennent aussi le succès Mod/garage Friday On My Mind des Easybeats, qui devient Vendredi m'obsède, She's About A Mover, du Sir Douglas Quintet, qui devient Quand on est amoureux, ainsi qu'un paquet d'autres sélections bien rock/mod/garage, dont Everything's Alright, compilée sur Québec dans le vent Vol. 1. Sur leur dernier album éponyme, lancé en 1969, Les Hou-Lops s'essaient au répertoire de Cream, Jimi Hendrix et même de Deep Purple avec une adaption de la reprise qu'a fait Johnny Hallyday de Hush, traduite par Mal. Ceci étant dit, ils ont plusieurs autres covers très intéressants qui sont un peu comme l'Ontario... yours to discover... quelle mauvaise blague. On s'en sacres-tu de l'Ontario rienqu'un peu!

Blague à part, côté composition, Les Hou-Lops nous ont shooté quelques petites bombes. Ma favorite d'entre toutes, celle qui a fortement contribué à attirer mon attention sur le garage québécois, Oh non (ainsi que sa version anglaise Oh No). C'est un espèce de put down song pour une ex, noyé dans le fuzz. Ouch, ça fait mal! Oh non a notamment été reprise par Les Internes. Vous aviez pu entendre ça y'a un bon bout de temps sur Vente de garage. Les Hou-Lops ont aussi composé un excellent morceau "bat-xploitation", Batman, dont le 45 tours était flanqué, sur sa face B, de Everything's Alright, dont on a discuté plus haut. D'ailleurs, je n'ai pas encore eu la chance d'entendre cette chanson puisque je n'ai pas encore mis la main sur la compilation Québec dans le vent Vol.1. Si quelqu'un sait où je peux trouver soit le 45 t, soit la compile, laissez-le moi savoir!

Quelque part en 1967, y'a un animateur de radio très populaire à l'époque nommé Normand Fréchette qui demande au Hou-Lops de lui donner une chanson. Yvan Côté, guitariste et principal compositeur du groupe se met à la tâche sans son comparse habituel, le chanteur Gilles Rousseau. Il opte plutôt pour la collaboration de son partner guitariste Claude Domingue (crédité Claude Dominique sur le disque). Ensemble, ils composent un des chefs d'oeuvre du garage québécois, la désormais classique J'étudie mon Grec. Et qui c'est, vous croyez, qui a produit ce 45 tours? Hé oui, Tony Roman! Il est derrière la majorité des meilleures productions québécoises des années 60.

Normand Fréchette et Les Hou-Lops - J'étudie mon Grec




Dès les premières notes de grosse guitare bien fuzzée, dès les premiers coups de batterie rentre-dedans, on sait qu'on est ailleurs. La voix de Normand Fréchette n'est pas très garage, mais la fin de J'étudie mon Grec, whoa, quelle débandade! Ils vont jusqu'à faire jouer les bandes d'enregistrement des guitares à l'envers, ce qui devait être presque une première au Québec. Rarement a-t-on expérimenté cette recette, pourtant très courue ailleurs dans le monde, dans les studios québécois au cours des années 60. Les sons criants et beuglants de torture de guitare qui en résultent veulent peut-être rappeler un train (d'enfer?). Cela appuirait très bien le texte de J'étudie mon Grec, dénonçant une société où "tout va trop vite", en citant comme exemple le métro, les autos sports, etc. Le propos reste assez vague, mais on sait qu'il y a de la révolte là-dedans!

Après cette incursion dans le fuzz, Les Hou-Lops ne s'en éloigneront que pour pondre quelques succès commerciaux, car le reste de leur carrière plonge dans le psych et même l'heavy psych, bien de son époque. La formation de sépare en 1969 et, aussi bien de son époque et digne des autres grandes rock stars, le chanteur Gilles Rousseau décède en 1972, à l'âge mythique de 27 ans (autres rock stars mortes à 27 ans: Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Hank Williams même j'pense!) des suites d'une cyrrhose du foie.

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Normand Fréchette et Les Hou-Lops - Fais moi signe




Un autre fait intéressant rarement mentionné par rapport à ce 45, étrangement lancé sur étiquette Riviera (R-510), une étiquette française, c'est son B-side. Fais moi signe est une reprise de l'excellent morceau soul, (peut-être même Northern Soul, qui sait!) Gimme Little Sign de Brenton Woods. La version des Hou-Lops est très intéressante. La même chanson sera aussi reprise au Québec par la chanteuse Caroline, qui se voulait une quasi-sosie de Twiggy, la fameuse top modèle anglaise et icône Mod.

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Je publie ici pour vous une photo des Hou-Lops mangeant un spagat chez une fan (à ce qu'on m'a dit). Cette photo m'a été donnée, il y a quelques années, par Stéphane Dugas. Il jouait de la batterie avec le groupe Les Incapables. Cette photo est tirée de son impressionnante collection.

5 commentaires:

yeyequebec a dit…

Son som c'est Stéphane Dugas. Un grand amateur de groupes québécois. "J'étudie mon grec" est unique et grandiose!!!!! Les Hou-Lops sont un des grands groupes québécois.

Vente de garage a dit…

Merci Michel pour la précision, j'apporte la correction à l'entrée blog tout de suite!

En effet, Les Hou-Lops sont un des grands groupes québécois de tous les temps!

Anonyme a dit…

Une autre rareté que j'ai acheté pour $0.35 dans un bric-à-brac quand j'étais flo, sans savoir que c'était rare. Malheureusement, j'étais encore à l'âge où j'aimais dessiner des symboles sur mes disques...

La finale de la face A avec sa guitare à l'envers et ses sons épeurants me donne la chair de poule à chaque fois!! D'après moi, la meilleure chanson rock québécoise des années 60!

Anonyme a dit…

Après ça qu'on viennet nous dire que les groupes québecois des années soixantes étaient quétaines c'est aujourd'hui que la musique est platte et stupide et ça dure depuis 20 ans VIVE LES GROUPES QUÉBECOIS DES ANNÉES 60.Stéphane.

Anonyme a dit…

jaimerais partager sur cette musique... je suis collectionneuse... ecrivez moi...

coquerelle@hotmail.com

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