
On a pas pu éviter la vague d’énergie qui déferlait depuis le Sud des États-Unis. Y’a quelques ados sauvages qui ont mélangé le country et le r&b, puis y’a un jeune Elvis Presley qui s’est fait aller les hanches un peu trop fort. Le rock’n’roll a pris d’assaut la planète entière, dont le Québec. Ici, dès 1956, ce sont les cowboys qui l’ont vu venir en premier, bien montés sur leurs chevaux. À l’époque, pour eux, ce n’était qu’une nouvelle forme de country – le rockabilly. Puis, ce sont les groupes de danse qui l’ont récupéré vers la fin de la décennie 50. Y’en a d’autres qui ont suivi la ruée vers l’âge d’or du rock’n’roll jusqu’aux USA. Ils ont laissé peu de traces, mais les rockeurs du Québec ont été bien présents au cours des années 50. Voici leurs fossiles, rassemblés pour vous sur Compilation Vente de garage Vol. 3 – Rock, cowboy, rock.
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Track listing:
1. My Pink Cadillac – Hal Willis
2. Mon amour du rock’n’roll – Marcel Martel
3. Qu’est-ce que le rock’n’roll – André Lejeune
4. En avant le rock’n’roll – Roger Miron
5. Rock, cowboy, rock – Willie Lamothe
6. Le rock’n’roll dans l’lit – Léo Benoît
7. Big Black Jacket – Marcel St-Jean & The Jitters
8. Babysitter Rock – Jimmy James & The Kandy Kanes
9. Le rock’n’roll du père Noël – Marcel Martel
10. Rock A Beatin’ Boogie – Irene McNeil
11. Rocking Chair Mama – Gordie Sullivan
12. J’ai besoin – Jacques Fuocco
13. Frisette, fais pas ça! – Les Rythmos
14. La grande Sally danse – Les Clovers
15. Gros Poulet/Scratch – The Four Pladds
16. Twenty Flight Rock – Les Mégatones
Biographies
Marcel Martel
Immense et fort probablement première vedette de la musique country au Québec, Marcel Martel est un peu notre Hank Williams. En 1956, il enregistre deux chansons rockabilly originales, Mon amour du rock’n’roll et Le rock’n’roll du père Noël. Notez les cris de M. Martel et les solos de guitare.
Léo Benoît
Chanteur country de renommée moyenne, Léo Benoît décide d’incorporer le rock’n’roll à son répertoire country vers ‘58. Le rock’n’roll dans l’lit est sa tentative la plus réussie.
André Lejeune
Plus tard connu comme folkloriste religieux, André Lejeune est surnommé le Elvis du Québec. Il lance plus ou moins 4 chansons rock’n’roll, dont Qu’est-ce que le rock’n’roll est la plus mémorable.
Roger Miron
Un autre chanteur country, aussi producteur de disque et propriétaire de la compagnie Rusticana. Roger Miron date l’arrivée du rock’n’roll au Québec : « Depuis ce rêve, j’écoute Elvis pis j’pense à l’année ‘56 ». Tout est dit, En avant le rock’n’roll!
Les Rythmos
Ce duo de jeunes fantaisistes nous a donné une perle de pureté sauvage, ils ont gravé ce qui rapproche le plus de la révolte adolescente authentique, avec toute sa spontanéité et ses maladresses. Frisette, fais pas ça! est un numéro d’humour, sur un rythme ultra-rapide et avec les interventions les plus dérangées qui soit!
Jacques Fuocco
Aucune information sur ce chanteur à tendances pop qui lance une seule chanson (connue) sur un rythme rock’n’roll. J’ai besoin, véritable bijoux du rock’n’roll québécois, voit le jour sur étiquette Jeune-S vers la fin de la décennie 50. On jurerait que c’est inspiré de Shakin’ All Over de Johnny Kidd & The Pirates. Jacques Fuocco demeure un des premiers à avoir intégré un gros son de guitare « twang » à une chanson rock’n’roll en français… sans oublier le sax presque agressif omniprésent sur J’ai besoin.
Irene McNeil
Irene McNeil lance un album qui comporte plusieurs chansons sur le rythme rock’n’roll vers la fin des années 50. Le reste de sa carrière est généralement plus polie et pop. Rock-a beatin’ boogie est une reprise d’un succès commercialisé en 1955 par Bill Haley & The Comets. Plus d’infos à venir.
Marcel St-Jean & The Jitters
Celui-là, il devait viser le marché américain. Originaire de Granby, pas très loin de la frontière américaine, Marcel St-Jean enregistre Big Black Jacket durant la 2e moitié des années 50, une des chansons de rockabilly les « tough » qui aient été enregistrées au Canada au complet. Il nous parle d’un rebelle qui porte un manteau de cuir noir sur un rythme à tout casser.
Jimmy James & The Kandy Kanes
Ce n’est pas la chanson rockabilly la plus sauvage qui soit, mais ce fut le plus gros hit rockabilly venant d’ici. Jimmy Heinz, dit James, est originaire de Rouyn-Noranda, Abitibi-Témiscamingue. Chanteur country local et animateur de danses pour les jeunes, il fait aussi le tour du Canada en compagnie de Kidd Baker, chanteur country canadien avant de se tourner vers le nouveau son country naissant, le rockabilly, en 1958. Baby Sitter Rock trouvera écho sur les palmarès américains aux côtés des Jerry Lee Lewis et Johnny Cash, mais faute d’avoir un gérant compétant, Jimmy James reste à Rouyn-Noranda et joue ses chansons chaque vendredi à l’hôtel.
Hal Willis
Léonald Gauthier est un autre ressortissant d’Abitibi. Originaire de Normétal, il grandit sur la ferme et devient bûcheron. Mais à 15 ans, inspiré par Hank Williams qu’il entend sur sa radio ondes courtes, il s’achète une guitare et s’improvise chanteur country dans les hôtels de Rouyn-Noranda. Il a la voix et le talent. Il marrie une ontarienne, Ginger Willis, qui lui apprend l’anglais et l’aide à la composition de ses chansons. Le couple monte en flèche, passant du circuit des bars de l’Ontario et d’Abitibi à celui de Montréal et du Nord-Est des USA où ils font la rencontre de Webb Pierce, à Buffalo. Ce dernier les invite Nashville où il leur trouve un contrat de disque chez Atlantic. En 1956, Hal Willis enregistre deux classiques rockabilly internationaux, maintes fois compilés. My pink cadillac et Bop-a-dee-bop-a-doo font partie de l’histoire du rockabilly. Dans la foulée de cet enregistrement, Hal Willis rencontre le Colonel Tom Parker qui l’invite à tourner en première partie d’Elvis, dans le Sud des États-Unis, alors même que son succès explose. Hal Willis est le seul canadien, mis à part Hank Snow, a avoir joué et tourné avec Elvis Presley.
Les Four Pladds
Les Four Pladds se forment au début des années 60 et enregistrent l’étrange instrumentale Gros poulet/Scratch en 1963. Tout de leur imagerie est rock’n’roll, dont la photo qui orne leur premier album… un couple dansant le rock’n’roll vu de dessous, exposant les sous-vêtements de la partenaire féminine. L’Église ne l’a pas trouvée drôle… leur album a été retiré des bacs jusqu’à ce que nouvelle pochette plate s’en suive!
Gordie Sullivan
Gordie Sullivan est un anglo-montréalais qui enregistre un album à tendance rock’n’roll sur étiquette Plaza au début des années 60. Le son était alors très répandu, mais Rocking Chair Mama fait diablement bien la job.
Les CLovers
Les Clovers sont fort probablement le premier groupe (à l’opposé d’artiste solo) à enregistrer du rock’n’roll au Québec, dès 1957. Étaient-ils inspirés par The Crickets? Une chose est sûre, ils sont précurseur des groupes de danse qui reprendront les succès américains au grand plaisir des ados avides de danse et de bruit. La grande Sally danse est une excellente reprise de Long Tall Sally de Little Richard, cannée en 1957. Les Clovers sont aussi connus au Mexique où ils tournent durant 9 mois et lancent un album de rock’n’roll vers la même période.
Willie Lamothe
Willie Lamothe, c’est notre chanteur « ouesteurne », notre pastiche ti-pop du country américain. Son imaginaire de cowboys, de plaines et de chevaux nous donne peut-être un sourire en coin, mais Rock, cowboy, rock (1958) demeure sa meilleure tentative au rock’n’roll, loin devant Le rock’n’roll à cheval et Ce qui compte, c’est le rock’n’roll.
Les Mégatones
Les Mégatones sont sûrement le meilleur exemple de groupe de danse du début des années 60 qui donne parfois dans le rock’n’roll. Ils ont touché au surf et surtout à la musique instrumentale et l’ont toujours fait avec brio. Leurs reprises des succès rockabilly Twenty Flight Rock (Eddie Cochran) et Mule Skinner Blues (The Fendermen, entre autres…) sont juste à point.
Naturellement, il existe des dizaines d’autres chansons rock’n’roll enregistrées au Québec. Qu’elles soient instrumentales (le guitariste Hugh Dixon, de Montréal, a fortement contribué) ou chantées (Carmen Déziel reprend Blue Suede Shoes, qui devient Mes souliers bleus). Certains morceaux sont d’une rareté incroyable. D’autres sont tout simplement moins réussis. Cette compilation rassemble les plus sauvages chansons rock’n’roll et rockabilly enregistrées par des Québecois, - retrouvées à ce moment-ci de mes recherches - ainsi que les tentatives les plus réussies et connues des interprètes qui ont contribué à plus d’un morceau.
Pour plus de rock'n'roll québécois, je vous conseille fortement de découvrir Les Corvairs et The Melody Makers chez le toujours aussi excellent pertinent blogue Patrimoine PQ.
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Here is, if you ask me, the best of Quebec rock'n'roll and rockabilly, either the wildest or most significant songs recorded here or elsewhere by Quebecers between 1956 and the early sixties. There's a few bios, but I won't translate them all right now. If you have specific questions, let me know!
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