31/08/09

Les Commander's - Yogo-Mata-Houba!

D'ici quelques jours, Vente de garage vous proposera 4 nouveaux épisodes de podcast à télécharger en lien avec le FME. D'ici là, voici un gueuleton à vous mettre sous la dent!



Ça faisait déjà un bout que j'avais envie de partager le 45t des Commander's.

Ils sont originaires de Windsor et lancent un seul 45t: Yogo-Mata-Houba/N'oublie pas (1965, Contact DC 010X). Leur chanteur, Louis Simoneau, lance ensuite deux 45t en solo avant de changer de nom pour Jean Nichol (ce sobriquet est-il vraiment mieux que le premier?) et connaître la gloire, ou presque.

Sur le site retrojeunesse60.com, on mentionne que Louis Simoneau/Jean Nichol fait la tournée des cabarets du Québec sous le nom Maxime jusqu'en 1968. S'agirait-il du mystérieux Maxime, totalement inconnu, qui a endisqué une excellente reprise de Mustang Sally réalisée par François Carel sur étiquette Carrousel? Cette chanson figure dans l'Épisode 16: Québec Soul Part 2, de Vente de garage.

Y'a de ces chansons de garage sixties qui vous collent à la tête et qui y restent. Y'a aussi de ces chansons qu'elles sont si bêtes, si simples et si "catchies", qu'on n'a pas le choix de se mettre le cerveau à off et de danser comme des retardés.

Yogo-Mata-Houba fait définitivement partie de ces chansons. Première des choses, c'est une reprise. Une reprise de la chanson Ju-Ju Hand de Sam The Sham & The Pharaohs. Et si y'en a un qui était bon pour vous étamper un refrain débile léger dans la matière grise, c'est bien Sam The Sham! C'est donc le sempiternel rythme répétitif d'orgue de Sam The Sham qu'on retrouve sur Yogo-Mata-Houba, le genre de rythme qui donne le goût d'essayer de danser le Monkey, le Watusi et the Fly, tous à la fois. Je ne peux faire autrement que m'imaginer des danseuses à go-go se dandiner sur des estrades quand Louis Simoneau chante: Je bouge la tête un peu en dansant/Je frappe des mains pour marquer le temps/Je me trémousse en poussant des yeah! yeah!/C'est le yogo-mata-houba qui vient se déchaîner.



Comble de joie pour un amateur de garage, Les Commander's couplent à ce rythme primal des paroles pro-Jurassique du genre : Yogo-mata-houba-ju-ju-yeah, yogo-mata-houba-ju-ju-ça me plaît/Elles me prennent sans doute pour un animal, préhistorique ou phénoménal! Les Commander's nous ont carrément légué une des seules chansons garage québécoise sur le thème de "l'homme des cavernes", sujet fétiche au garage en général. Yogo-mata-houba, finalement, c'est un surnom que les filles donnaient au chanteur de ce morceau, le désignant comme un homme de néandertal aux cheveux longs, aux jeans coupés, dansant et criant de manière douteuse antédiluvienne. Et ce cri, dans le solo... wwwooouuuaaawwww!!! Rarement a-t-on entendu un rugissement qui déchire autant dans le garage québécois. De quoi provoquer la fin du crétacé...

Pour moi, Yogo-Mata-Houba a tout d'un classique garage/beat. Bien simple et primtif, dansant, accrocheur et juste assez juvénile et provocateur. C'est aussi un exemple typique à la fois de la rage adolescente et de la merveilleuse naïveté du yé-yé. Les collectionneurs ne semblent pas rechercher ce 45t particulièrement et, au meilleur de ma connaissance, je ne crois pas qu'il ait été compilé. À qui la chance?!

Étonamment, une de seules autres mentions préhistoriques du garage québécois vient du même label que celui des Commander's, c'est-à-dire les disques Contact, qui nous ont aussi offert un classique garage: Les Cavemen et Est-ce un garçon ou est une fille?, improbable et incroyable reprise en français de Are you a boy or are you a girl? du groupe américain The Barbarians. Leur chanson ne parlait toutefois pas d'homme des cavernes. Contact nous ont aussi offert Les Délinquants, Robert Parisien et Les Diamants Noirs et quelques artistes pop obscurs facilement oubliables.



La face B de ce 45t, N'oublie pas (sic), est une reprise de Just a little des Beau Brummels. Très bon, belle sélection avec quelques touches quasi-psyché, mais loin d'être à la hauteur sauvage et animale de Yogo-Mata-Houba!

07/08/09

Épisode 16 : Spécial Wooly weekend

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Avec l'arrivée du Wooly weekend, Vente de garage a décidé de vous faire (re)découvrir les groupes qui seront de l'alignement les 6, 7 et 8 août prochains. Les têtes d'affiches comme The Electric Prunes et Love se mesurent aux moins connus mais tout aussi bons The Flakes, The Hypstrz, etc, dans l'Épisode 16: Spécial Wooly weekend!
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With the Wooly weekend coming up, Vente de garage as put together a best of of the bands that will play in Montreal on august 6, 7 and 8th. Such headliners a The Electric Prunes and Love are taking the test with younger excellent bands such as The Flakes, The Hypstrz, etc, in Episode 16: Special Wooly weekend.

Épisode 16: Spécial Wooly weekend

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02/08/09

Entrevue avec James Lowe, chanteur des Electric Prunes



Le Wooly weekend arrive dans moins d'une semaine! J'ai récemment interviewé James Lowe, chanteur du légendaire groupe psychédélique The Electric Prunes, en vue de leur passage au Wooly weekend, le 8 août prochain. Je n'ai malheureusement pas réussi à enregistrer notre conversation... l'entrevue audio devait se retrouver dans le podcast Épisode 16: Spécial Wooly weekend de Vente de garage, mais la voici qui se retrouve en article format Q&A écrit sur le blogue!

The Electric Prunes, une mauvaise image pour les prunes


Félix B. Desfossés

Résumé de l’histoire des Electric Prunes : Le groupe se forme en 1965, enregistre sa pièce maîtresse I Had Too Much to Dream (Last Night) en 1966 et connaît un succès important. S’en suit un excellent premier album garage/psychédélique, puis un second album plus ténébreux, Underground, qui passe presque inaperçu. Leur troisième album, Mass in F Minor, est composé par David Axelrod. L’enregistrement est laborieux et mène lentement à la dissolution du groupe. Après plusieurs moutures douteuses, dont une excluant tout membre original de la formation, le groupe cesse d’exister au début des années 70. En 1972, I Had Too Much to Dream (Last Night) sert de pièce d’ouverture pour la mythique compilation Nuggets qui permettra aux générations suivantes de découvrir The Electric Prunes. Le groupe se reforme au tournant du millénaire. Depuis, les Prunes ont lancé trois albums et ont recommencé à tourner, arrivant au monde à temps. Entrevue avec James Lowe, pionnier du psychédélisme, chanteur, « auto-hapriste » et prune électrique en exil dans une république de banane.

C’est quoi ce nom, The Electric Prunes?

Pour nous, ça représente la musique, électrique, et l’absurdité d’une prune.

Alors, c’est vrai qu’un genre d’«American prunes council » a décrété que votre groupe donnait une mauvaise image au fruit?

Oui, c’est vrai. Ils ont même fait changer le nom du produit pour « pitted plum », de peur d’associer leurs produits à notre musique!

Quelle importance la drogue a-t-elle eut dans votre processus créatif?
On se fait souvent demander ça… bien sûr, nous avons pris de la drogue et de l’alcool, mais si je compose quelque chose en étant stone, quand je le réécoute après, j’aime moins ça. Et je ne joue vraiment pas bien quand je suis saoûl, donc, j’essaie de me tenir loin de ça.


The Electric Prunes, circa 1967

Pourquoi avoir enregistré une reprise de 7 and 7 is de Love sur votre album Artifact (2001)?
On avait appris la chanson pour un concert qui devait avoir lieu afin d’amasser des fonds pour libérer Arthur Lee (chanteur de Love) de prison. Finalement, le concert n’a jamais eu lieu puisqu’il a été libéré (!). Nous avons donc décidé d’enregistrer notre version quand même.

Est-ce vrai que le groupe canadien The Collectors a joué à votre place sur plusieurs chansons de votre troisième album Mass in F Minor?

Après trois jours de studio, le producteur de l’album nous a dit que notre rythme d’enregistrement était trop lent. Il a donc décidé d’engager d’autres musiciens pour certaines pistes, comme il était usage de le faire à l’époque. Notre batteur et notre bassiste sont sur toutes les chansons, je chante sur certaines, mais, effectivement, y’a des gars des Collectors qui ont contribués aux pistes de guitare lead, entre autres.

J’ai lu quelque part que vous n’étiez pas au courant que votre chanson Kyrie Eleison allait être utilisée pour la trame sonore du film culte Easy Rider, c’est vrai?
Oui, c’est aussi vrai. Notre compagnie de disque, Reprise, a dû s’en occuper sans nous en parler, parce que je me souviens être assis au cinéma durant une représentation d’Easy Rider et, tout d’un coup, j’entends ma chanson qui joue! J’étais très surpris, bien sûr, je suis très heureux que notre chanson s’y soit retrouvée, puisque c’est un film culte, mais, à ce moment, j’avais quitté le groupe et pire, on a jamais été payés pour!

Est-ce vrai qu’après ton départ, en 1968, y’a un jeune Kenny Loggins qui s’est joint au band?
Oui, c’est vrai. Mais je n’étais plus là pour le voir jouer. Je crois que son passage dans les Prunes était plutôt un « stepping stone » pour lui. Il avait ses propres compositions et il a avancé avec sa carrière assez rapidement.

Est-ce qu’un membre des Eagles aurait aussi joué avec un alignement tardif des Prunes?
Tu sembles en savoir plus que moi à propos de ça…

Vous me parlez présentement en direct de la République Dominicaine, que faites-vous là-bas?
Depuis les 22 dernières années, je passe 6 mois par an en République Dominicaine dans un complexe fondé par un québécois! C’est plein de canadiens-français ici! J’adore ça, c’est un coin magnifique pour la planche à voile.

The Electric Prunes, en tête d’affiche du Wooly weekend, 8 août, Théâtre Plaza, Montréal.



James Lowe aujourd'hui

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