31/01/10

Les Chevelles - Ton ombre me suit


 Photo courtoisie de M. Pierre Boivin

Les Chevelles - Ton ombre me suit

Ça fait déjà un bout que je voulais vous parler des Chevelles.

Ton ombre me suit
est une de mes chansons de garage québécois préférée. Point.
Elle a tout pour être parfaite.

Un thème glauque - le fantôme d'une amoureuse trépassée qui suit son ex-copain.
Un saxophone bien grinçant qui n'est pas sans rappeler The Sonics.
Une série d'accords de guitare à la Stepping Stone bien primitive.
Une ambiance morbide, des cris étranges, des "Oh non baby!" désespérés.
Une finale grandiose:
"Ton ombre est toujours dans la rue, où je t'ai souvent attendue/J'ai peur et je ferme la porte, pourtant je sais que tu es morte... POURQUOI?! Ton ombre me suit..."
Une reprise par les excellents et regrettés Macchabées de Sherbrooke, ce qui lui confère une immortalité, un culte... une deuxième vie dans la culture garage.

... et une pochette photo accompagnant le premier pressing du 45 tours qui fait l'envie des collectionneurs!



Les copies sans pochette photo de ce 45 tours enregistré en 1967 pour l'étiquette Niagara passent souvent sur eBay, sans grand intérêt de la part des collectionneurs internationaux. Pourtant, Ton ombre me suit se retrouve sur la compilation française Ô toi, Beatnik. Allez savoir...

Les Chevelles sont de Québec et devraient faire la fierté des fans de garage de la Vieille Capitale. Je ne vois pas comment ajouter de nouvelles informations qui n'auraient pas déjà été dites sur Rétrojeunesse60.com, qui nous proposent un portrait complet du groupe, accompagné d'une série de photos à 1 000 000$!

J'adore Les Chevelles. Ton ombe me suit, un classique du garage québécois.

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Ton ombre me suit simply is a classic, one of my favorite tunes of garage quebecois. It's got some cool weird lyrics: the singer says the ghost of his dead ex-girlfriend follows him around! It's got some cool Sonics style sax and a classic Stepping Stonesque chord progression. This whole tune just sounds sinister. Can you dig it?

07/01/10

Les Assassins / Les Maraudeurs


C'est inquiétant. Ils s'appellent Les Maraudeurs et ils lancent une chanson ténébreuse menée par un sax envoutant intitulée La nuit, en 1965. On les imagine terrés dans une petite rue du Vieux Québec, leur ville d'origine.


Les Maraudeurs - La nuit

Après avoir lancé deux 45 tours sans grand succès, Les Maraudeurs décident de passer à l'action. Ils deviennent Les Assassins!

Les Assassins dans leur costume blanc. Cette photo est une gracieuseté de Pierre Boivin et Michel Rousseau.


Les Assassins - Tu ne veux pas de moi

Leur nom est parfait! On accroche tout de suite. Les Assassins! C'est menaçant et audacieux, mais les mecs sont tout de même empreints de classe dans leurs costumes blancs. De véritables gentlemen cambrioleurs.

Les Assassins ont lancé deux 45 tours en 1966, sur étiquette STOP. Le scénario est le même pour ces deux disques: une bonne chanson garage/beat simple et bien rythmée sur la face B et une reprise de ballade mielleuse sur la face A.

Chez Vente de garage, on s'intéresse à la face B. Sur leur première parution, c'est pour Tu ne veux pas de moi qu'on flanche, une excellente composition garage avec des cris tonitruants, des handclaps contagieux, une voix granuleuse et accusatrice ainsi qu'une guitare bien mordante.


Les Assassin - Si tu veux danser

Sur leur deuxième parution, c'est une autre originale, Si tu veux danser, qui nous séduit. Effectivement, si tu veux danser, y'a qu'à écouter ce morceau et faire le jerk! Le rythme est entraînant et la batterie frappe vraiment fort. Beding, bedang, enwaye par là! Dynamiques ces Assassins!

On aurait voulu en entendre encore plus sur 45 tours de la part des Assassins!

01/01/10

Dans l'année 2525



Bonne année à tous et à toutes! 2010 est arrivée, l'heure est aux résolutions et aux prédictions. Pour ce faire, Vente de garage vous propose un retour vers le futur, quelque part entre 1969 et 2525.

Écoutez tout en lisant la suite!


Vous vous souvenez peut-être de Frédéric, dont il a déjà été question sur Vente de garage, qui avait repris une chanson de Love? Ben voici une chanson tirée du duo qui l'a fait connaître, Nicole et Frédéric. La Nicole en question, c'est Nicole Martin, qui a connu un très grand succès dans les années 70.

En septembre 1969, sous la houlette de Tony Roman et sur son étiquette Révolution, le duo lance son interprétation de In the year 2525 (Exordium and Terminus) du duo Zager and Evans. Il s'agit d'une chanson pop psychédélique légère, écologiste et quasi-prophétique qui met l'humanité en garde contre ses actes destructeurs.

Voici comment In the year 2525 est décrite sur Wikipédia (j'aurais pas pu mieux dire!):

In the Year 2525 (Exordium and Terminus) décrit millénaire après millénaire (tous les 1010 ans : 2525, 3535...) une humanité qui laisse progressivement toutes ses fonctions actes et pensées aux machines et aux pilules jusqu'à disparaître en 9595. Au fur et à mesure la musique change, le ton monte et le rythme augmente contribuant à l'angoisse de ce morceau.

La chanson n'a pas de refrain. Au bout du compte en 9595 l'homme sera peut-être encore vivant même s'il a épuisé toutes les ressources de la terre : le message écologique est clair. Au final le règne de l'homme est terminé mais la chanson repart du début suggérant la notion de cycles.

Cette chanson sur un monde maudit par sa dépendance et sa soumission aux technologies a trouvé un écho dans le monde entier dans cette période de fin des années 1960. Elle décrit une vision cauchemardesque d'un monde déshumanisé par la technologie. Elle fait référence au retour de Jésus (en 7510) du "Jesus movement" de la culture hippie. Elle fait aussi référence à de nombreuses avancées technologiques qui n'existaient pas encore concrètement à l'époque comme les robots, voire pas du tout comme les bébés éprouvette ou la sélection génétique des bébés qui n'avaient été envisagés que dans des romans d'anticipation et jamais dans les médias grand public jusqu'à la sortie de cette chanson en 1969.


40 ans plus tard, l'humanité n'a pas encore compris le message. Et de toutes façons, si on se fie aux rumeurs, ben on se rendra même pas en 2525... paraît que tout va sauter en 2012! Yé!



Probablement elle aussi convaincue du sort obscur de l'humanité (mouais...), Ginette Reno a aussi enregistré une version de In the year 2525, en novembre 1969, sur son surprenant album anglophone éponyme. C'est d'ailleurs sur cet album qu'on retrouve sa sublime interprétation pleine de soul de Don't let me be misunderstood que vous avez entendu sur 1 ou 2 podcasts de Vente de garage. L'interprétation de In the year 2525 de Ginette est plus pop, mais elle est bien bonne (comme plusieurs chansons sur cet album à découvrir).



Retour à notre duo d'apôtres de l'amour, du nouvel âge et de l'ère du Verseau, Nycole (sic) et Frédéric, qui ont aussi lancé une autre excellente chanson psychédélique à souhait, réalisée par le toujours pertinent et unique François Carel, Je t'aime une fois, deux fois... J'ai tout de suite aimé l'ambiance éthérée de ce morceau. C'est pas le grand voyage, mais ça fait très bien le travail.



Sur la face A de ce 45t paru en 1967, on retrouve aussi une reprise intéressante de Happy together (Heureux tous les deux, en français) des Turtles. C'est pas mal!

Bonne année 2010... ou 2525... comme vous préférez!

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