28/02/11

Nanette goes Soul (or so)

Nanette Workman est une des plus grandes vedettes pop du Québec, il va sans dire. Récemment, Musimax lui accordait une musicographie très intéressante, dans le cadre de l’émission Les années. Malheureusement, l'émission n'est plus disponible en ligne, mais je vous conseille fortement de vous claquer cette émission quand vous en aurez l'occasion. D'ici là, voici sa biographie en long et en large sur Québec Info Musique.

Du Mississippi à Montréal
Nanette, née au Mississippi aux États-Unis, fut découverte par Tony Roman, à New York, où elle connaissait déjà une carrière artistique bien entamée. C’est Tony qui l’amena ici et qui lui fit enregistrer ses premiers disques solo et en duo. Voici l'histoire selon le magazine Dis-Q-Ton.


Débuts pop
Parmi ses enregistrements produits par Tony, on retrouve quelques morceaux teintés de Soul. Son premier 45 tours, lancé en 1966, comprend, en face A, une reprise de Et maintenant de Bécaud, compétitionnant avec celle des Classels sur les palmarès. En face B, c'est Chez moi, une adaptation de Call me de Petula Clark, enregistrée live. C’est doux, mielleux, pop. Quelque part entre  Easy listening et Soul.


Nanette - Chez moi

Nanette et Motown
En 1967, Nanette lance deux albums coup sur coup. Un premier flanqué d'une pochette quasi-psychédélique très alléchante aujourd'hui - j'attends en ce moment de mettre la main sur une copie décente! On retrouve là-dessus une reprise de You keep me hangin' on des Supremes. Dès que possible, je partagerai cette interprétation avec vous.

Un second album simplement intitulé Nanette paraît, toujours en 1967, sur lequel plusieurs succès déjà parus sur 45 tours figurent. Mais on y retrouve aussi deux autres perles perdues, notamment, une reprise de Come see about me des Supremes qui devient, en français, Quand je reviendrai. Les arrangements ne sont pas exactement «sur la coche», mais ça demeure un intéressant cover de Soul!

Nanette - Quand je reviendrai


Children by the million sing for Alex Chilton
Sur ce même album éponyme paru en 1967, on retrouve aussi une excellente adaptation She knows how du fameux combo Blue eyed soul de Memphis The Box Tops. Suite au succès de The Letter, écrite et composée par Wayne Carson Thompson, Alex Chilton et sa bande reviennent avec deux chansons du même auteur-compositeur: Neon Rainbow et She knows how. Au Québec, sous la direction artistique de Jacques Crevier, la production de Tony Roman et chantée par Nanette, la chanson devient He knows how, trempée dans un beau fuzz qui lui donne une touche unique. Sommes-nous toujours en terrain Soul? Dur à dire. Mais c'est tellement bon!

Nanette - He knows how

Dans un registre langoureux et séduisant, Nanette s’exprime ici dans sa langue maternelle, chantant The Look of Love, un standard jazz et lounge de Burt Bacharach arrangé avec goût et, à mon sens, livré avec plein de Soul.


Nanette - The Look of Love

Après plusieurs succès sous la houlette de Roman, Nanette parti pour l’Angleterre à la fin des sixties où elle fut recrutée pour chanter les choeurs de chansons aussi importantes que Honky Tonk Women et You can't always get what you want des Rolling Stones. On y reconnaît distinctement sa voix parmi les choristes. Chanter sur l'album Let it bleed des Stones, c'est tout un honneur! Malheureusement, elle fut créditée au nom de «Nanette Newman» dans les liner notes du LP original... Fait à ne pas négliger, cet enregistrement s'est déroulé sous la direction de Jack Nitzsche!


Tout à fait par hasard, un autre des grands succès de Nanette au Québec fut Peint en noir, son adaptation de Paint it black des Stones, enregistrée avant qu'elle ne se doute même qu'un jour elle se retrouvait en studio avec la bande à Mick et Keith. C'est encore un tour de Johnny Destiny! Je ne pense pas vraiment qu'on retrouve ici une touche Soul, mais je partage tout de même la chanson pour l'anecdote!

Nanette - Peint en noir

Dans l’émission Les années Nanette à Musimax, on évoque ses racines Blues - surtout reliées à son Mississippi natal - ainsi que ses succès disco des années 70, mais on parle aussi ses inspirations Soul. On y mentionne notamment le chanteur des chanteurs Soul, celui qui doit sûrement entonner la messe Gospel du petit Jésus au paradis, Sam Cooke. Non pas que je veuille comparer ici Nanette à Sam Cooke. Mais je crois sincèrement que Nanette possède un Soul indéniable qui s'est pointé ici et là dans ses enregistrements des années 60. Loin de moi l’idée de résumer ici l’impressionnante carrière de Nanette. Je n’ai même pas mentionné ses années avec Johnny Hallyday!

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Nanette Workman is one of Quebec’s most important star, even though she was born in Mississippi. She was discovered in the USA during the sixties by producer Tony Roman whom brought her back here and recorded with her. At a certain point, they kind of became Quebec’s Sonny & Cher. Nanette then moved to England, where she recorded back up vocals with various, artists including  John Lennon and The Rolling Stones! She sang on Honky Tonk Women and You can't always get what you want, amongst others. She came back to Quebec in the seventies and had a huge disco career, making a big hit out of her version of Lady Marmalade (Voulez-vous coucher avec moi ce soir).


Still Nanette was from a Blues state - Mississippi. And she always had these roots inside her. These roots also brought a Soul feel in a couple of her 60's recordings, as you may hear up here.


There's Chez moi (Petula Clark's Call me) and The Look of Love (yes, Burt Bacharach's tune),  two sweet poppish tunes in which I think her Soul influences really come out. I just love these songs. Check them out.


She also covered The Supremes' You keep me hangin' on (which I will had later) and Come see about me, which is availble up here. 


The best version she did I think is The Box Tops She knows how, turned into He knows how, with a nice fuzz. Cool cover of Memphis' blue eyed soul combo.


She also covered the Stones Paint it black in french - Peint en noir - before she went to England to sing with them on You can't always get what you want. Funny fact, she was credited as Nanette Newman in Let it bleed's liner notes... anyways, she did a nice job!


Nanette is more reknown for her Blues roots nowadays and for her disco hits in the seventies. But she did somme cool Soul covers in the sixties too.

25/02/11

Les Mykels live - Maximum R'N'B!

C'est trop beau pour être vrai! Je voulais absolument partager avec vous cette petite perle trouvée sur youtube!

Voici une vidéo LIVE de l'excellent groupe R'n'B Les Mykels, un des meilleurs groupes du genre des années 60 au Québec. On peut les voir interpréter I'll Go Crazy du Soul Brother Number One - James Brown - ainsi qu'une excellente version de Oo Poo Pah Doo en 1964!


Ils n'ont jamais enregistré ces chansons sur disque. Leurs enregistrements sont pourtant tout aussi excellents!
Je me promets de les partager avec vous très bientôt. D'ici là, voici une bien belle photo des Mykels en studio!


À suivre!

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This is just too good to be true. I had to share it. Here's Les Mykels, one of Québec's top sixties R'n'B act playing James Brown's I'll Go Crazy and Oo Poo Pah Doo live! Great video, great abnd, more infos & music soon!

01/02/11

Éric et Les Gamins - Les maraudeurs

***DEUXIÈME MISE À JOUR***
M. Norman McPhee du groupe Éric et Les Gamins nous a écris pour témoigner de l'histoire du groupe! Lisez le tout un peu plus loin dans ce texte! M. Gaston Cormier, bassiste des Gamins,  a aussi partagé avec nous des photos et des souvenirs!

Éric et Les Gamins
Éric St-Pierre, chanteur 
Gaston Cormier, bassiste 
Patrick Laramée, guitariste accompagnateur 
Jeff Bourgeois, lead guitare
Norman Mcphee, drummer

M. Gaston Cormier raconte les débuts d'Éric et Les Gamins en ces termes:
Je faisais partie d'un groupe à St-Hyacinthe, soit Les Pénitents, et j'ai connu Éric qui se cherchait des musiciens pour se partir un band à St-Hilaire...

 Les Penitents, photo gracieuseté de M. Gaston Cormier

...Donc, j'ai accepté de le joindre avec Pat et Jeff et ensuite je pense que Norm s'est joint au groupe. La chimie était bonne et je dois te dire qu'au début on s'appelait, tiens toi bien, Les Chiens de Tole. Fouilles moi pourquoi! Entendu qu'on avait de plus en plus de matériel original. J'ai contacté Gerry Plamondon, gérant des Sultans, que je connaissais et il est devenu notre gérant. Ce fut l'histoire d'une année et Éric continua sa carrière en solo. 1966. Quatre années plus tard, avec un copain de travail, j'ai rencontré Bernard et sa soeur qui avaient fait de la musique dans le groupe J.B. Checkers. J'ai reparti un autre groupe avec eux qui s'appela les Ex-Pairs et qui devint l'Albatros. Ce fut un autre fantastique cinq ans de plaisir.

Appréciation du morceau Les Maraudeurs d'Éric et Les Gamins, selon Vente de garage
Voici une de mes chansons favorites de garage québécois: Les maraudeurs d'Éric et Les Gamins. Pourtant, ce morceau n'a jamais été compilé (à ma connaissance) et n'est pas particulièrement recherché des collectionneurs de garage québécois (à ce que j'en sache!).
Je suis tombé sur une copie tout à fait par hasard cette semaine chez un antiquaire. En fait, je suis tombé sur toute une "batche" de 45 tours garage à 1$ chaque. Parmi toutes ces trouvailles, Les maraudeurs était vraiment la chanson la plus agressive du lot.

La guitare mord dès les premiers accords et Éric crie : "les maraudeurs!!!", juste avant qu'un petit lead de guitare vienne déchirer le tout. À toutes les fois que j'écoute cette intro à tout casser, je ne peux m'empêcher de l'imaginer interprétée par The Gruesomes... ça me fait me fait vraiment penser à certains des moments forts du Fearsome Foursome montréalais. Ce fracas annonce bien les paroles du reste de la chanson qui me rappellent Les mauvais garçons de Denis S. Pantis (aka Denis et Les Panthères - dont on vous a déjà parlé sur Vente de garage). Éric Saint-Pierre, de son vrai nom, y décrit une bande de jeunes voyous qui ne semblent pas trop faciles à vivre: "Les maraudeurs sont des garçons qui cassent tout, renversent tout [...] et si quelqu'un veut les empêcher, je vous le dit, ils seront fâchés"!

Le tout se développe en cris et en leads aïgus et puissants... wow! Vraiment, du punk avant son temps! D'ailleurs, c'est Éric lui-même qui, a 17 ans seulement, signe le texte et la musique de cette pépite garage. On sent qu'il y met toute sa rage adolescente, du guts, quelque chose de bien senti et de naïvement révolté.

Photobucket

Éric et Les Gamins - Les maraudeurs

Lancée en 1966 sur étiquette Télédisc (TD-18), Les maraudeurs sera la seule chanson d'Éric et Les Gamins, originaires de St-Hyacinthe, à être gravée sur cire. Le côté A du même 45 tours, Amour fous le camp, une ballade qui ne tombe pas dans les cordes de Vente de garage, est attribuée à Éric seulement. Il en sera ainsi pour le reste de la carrière du chanteur qui connaîtra un succès populaire avec des ballades mielleuses et des morceaux pop à travers la province, et ce, jusqu'en 1972. On doit toutefois mentionner certaines chansons plus "audacieuses" d'Éric vers la fin des années 60, où il a tenté de suivre le courant psychédélique avec des morceaux comme Les doigts en V ou Marie-Boucane, entre autres.




Récemment, M. Norman MacPhee, batteur des Gamins, a partagé avec nous le témoignage suivant:

Voici quelques précisions additionnelles de la part d'un gars qui a bien connus Éric et ses gamins. Le groupe a été formé alors que je n'avais que 15 ans. Deux des membres, Pat (Maurice Larramée) et Bidoche (son frère Réjean), habitaient à St-Hilaire et Geffroy (Jean-Claude Bourgeois) et Max (Norman MacPhee) à Beloeil. Un joueur de clavier (Normand Bourgeois) s'est joint au groupe un peu plus tard. Le premier bassiste s'appelait Gaston, je ne me souviens pas du nom de famille mais c'est lui qui venait de St-Hyacinthe. [Nous savons maintenant qu'il s'agit de Gaston Cormier]. Il nous a fait connaître l'impressario Gerry Plamondon qui s'occupait des Sultans, les Aristocrates et les Lutins. Nous avons fait des salles de danse tout autour de la province pendant un certain temps jusqu'à ce que Denis S. Pantis prenne la carrière d'Éric en main. En effet, nous n'avons enregistré qu'un seul 45 tours avec Éric et les Gamins, mais plusieurs des chansons qu'il a endisquées par la suite on été écrites alors que nous étions un groupe. Je pense à Nathalie et quelques autres. Je crois que Jean-Claude est décédé récemment, quant à Maurice et Réjean, ils habitent soit Beloeil ou St-Hilaire. 

C'est avec beaucoup de nostalgie que j'écoute Les Maraudeurs et Amour fous le camp.  J'ai retrouvé un cd avec une douzaines de chansons écrites et interprétées par Éric sur la bannière Télédisc.

Éric, pour sa part, aurait plus tard fondé la fondation Mira, s'occupant de dresser les chiens guides pour aveugles. Une mission que je respecte énormément. Plus d'infos ici.

Gaston Cormier, après son aventure avec Les Gamins, est allé rejoindre les rangs du groupes L'Albatros qui s'est fait connaître avec un répertoire original pop rock, dans la veine des Alexandrins, autour de 1972.
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This uncomped nugget by St-Hyacinthe's own Éric et Les Gamins is one of my all time favorite garage québécois song. Eric Saint-Pierre wrote this song and recorded it at 17 years old. He screams in a snotty way about a gang of young boys who appreciate to break stuff. The whole thing is backed by a constant high pitch tearing lead guitar that really reminds of some of Montreal's The Gruesomes' best stuff. Les maraudeurs is the only song ever recorded by Éric et Les Gamins. The A side of this 45 is a  ballad that will be the moto for Éric's pop career that will go on until 1972.

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