15/07/11

Brian Redmond: The Sound Box, Marble Hall & Mashiya


Les deux 45 tours de Brian Redmond and The Sound Box sont très recherchés par les collectionneurs. Ils figurent parmi les meilleures pièces de garage anglophone québécois issus de l’Ouest de l’île de Montréal, dans la bande des Haunted, MG and The Escorts, Rabble et autres Bohemians.

Deux seuls 45 tours… deux? Non, beaucoup plus! Briand Redmond a connu une carrière prolifique et insoupçonnée et sa production musicale est d’une rare qualité.

Un autre phénomène relativement rare : Brian Redmond est batteur – et bandleader à la fois.

J’ai interviewé le sympathique et généreux M. Redmond par courriel. Voici donc un résumé bilingue de cet entretient résumant sa carrière, entrecoupé de détails importants.

 Brian Redmond avec The Red Cats, Hullabaloo à Go-Go, Laval, 1965

Brian Redmond voit le jour à Montréal, dans les années 50. Il commence la musique à 14 ans lorsqu’il se procure une batterie Ludwig, garnie d’un ensemble de cymbales Zildjan à 160$, une fortune pour l’époque!

Vers 1965, un premier groupe voit le jour. Redmond donne le tempo au groupe The Red Cats, un ensemble d’école secondaire qui joue des reprises de r&b. Les autres membres sont Ron Hepworth, Bud Swan et Michel Dugas. Ce projet se termine en 1967.


 The Red Cats, 1966

Quand est-ce que The Sound Box a débuté et qui étaient les membres du groupe?

BR: Late ’68, early ’69, the Sound Box was founded. Jim Boyce joined as lead vocalist with Ron Hepworth on guitar, Bud Swan on bass, Michel Dugas on lead guitar and Brian Redmond on drums and back up vocals.


The Sound Box, 1968

Quel était le concept derrière The Sound Box, et quelles étaient les influences du groupe?

BR: Truthfully, we were all lost souls trying to survive and maybe hear ourselves on the radio one day. Times were very simple in English Montreal back then. We played chalets, high schools clubs and prom partys, EXPO 67. We were influenced by the Rolling Stones, Beatles, James Brown, Yardbirds... how many nights we played “The Nazz are Blue”… Cream, Hendrix… We loved The Haunted, Bob Burgess and of course The Rabble “Golden Girl”, JB & The Playboys, Bill Hill, Al Nichols. We listened to Fenchie Jarreau... CKVL, CKAC… Bruce Bradley WBZ Boston... Cousin Brucie WABC New York.

En 1968, The Sound Box lance son premier 45 tours sur le label canadien Regency. Sa face A, Warm Your Body and Soul est une excellente chanson de rock psychédélique garnie de fuzz et de feedback. Sans oublier un groove assez funky, unique au son de Briand Redmond and The Sound Box! En face B, on retrouvait la chanson I'm Learning que je n'ai jamais entendue... si jamais quelqu'un peut m'aider avec ça!


En 1969, la carrière de The Sound Box va bon train. Le groupe a des engagements réguliers. Leur deuxième 45 tours, toujours sur étiquette Regency, est lancé à ce moment. On y retrouve les chansons I Want You (une reprise du populaire chanteur canadien Andy Kim) et Boogaloo Up Bord du Lac. Briand Redmond se souvient avoir enregistré ces chansons dans un studio (maintenant disparu) de la rue Guy, à Montréal, en pleine tempête de neige. C’est l’animateur  Bil Lowell, de la station de radio CFOX à Montréal, qui réalisait cet enregistrement, qui se résuma à deux « one take » sur bande 4 pistes. Le succès commercial fut au rendez-vous, la chanson I Want You trouvant sa place sur les ondes de plusieurs stations de radio. Ce succès leur vaudra une place en première partie de Andy Kim et de Gary Puckett & The Union Gap à l’aréna Paul Sauvé.


Brian Redmond & The Sound Box - I Want You

La face B m’a toujours intrigué. Un titre bilingue… Boogaloo Up Bord du Lac… qu’en est-il de cette chanson?

BR: Boogaloo Up Bord Du Lac was written by Michel Dugas. The song was used as a music bed for radio commercials and promos. It was written about a residence at 2401 Chemin Bord Du Lac, Ile Bizard (demolished in the late 70's). We rehearsed there for years in a small room, with an old cast iron stove to keep sort of warm in the winter. Our old 1961 Ford Econoline van parked in the front and across the street was a wooden Bell pay phone, which was our official office... back then pay phones could actually receive calls, so when a booking came in, I would run across the road from 2401 and answer the phone... (of course today no one would know what a pay phone was).


The tune reflected a tough lifestyle, there was an old rock/stone fence across the street on a property bordered by 1iere Ave and Bord Du Lac, where the" young ladies" would sit and listen to us play. It was a very different time in Québec... the "pill" was introduced around 68/69. 

Brian Redmond & The Sound Box - Boogaloo Up Bord du lac

What went in that house would scare most people... a crazy time... QPP/army raids looking for Paul Rose during the tough times... gangsters following us home from some club in downtown Montréal to try and steal our pay... guns... parties... etc… etc... So this tune which was a flip side, did have a story.


Donc, au sommet de leur succès, The Sound Box ouvrent pour Andy Kim et Gary Puckett & The Union Gap à l’aréna Paul Sauvé de Montréal. Des souvenirs?

BR: 7500 screaming kids, it was surreal for a group of 18-19 year old musicians, not the Forum, but quite a night for us. I will remember forever meeting Gary Puckett in a dressing room. He was really a nice guy, they were in the middle of selling millions of hits... and Gary was an amazing guitarist, despite fronting the Union Gap. A tough start for Andy Kim as his band left him hanging with a musical screw-up... they had to stop.. .BUT he was a real "Pro"... restarted the song and was fine... in those days you would be deaf at the end of the night... it was a thrill for us... a group of kids in a Garage Band to open for two artists that went on to sell....."millions and millions" of records as the 70's hit us.

Today whenever Sugar Sugar is requested (osti!) for a cake cutting, I just smile... Archies, Andy Kim, Gary Puckett... a moment in time wayyyyyy back in the day.


Hiver 1970, The Sound Box se métamorphose. La formation change de nom et devient Marble Hall. Ils enregistrent leur troisième 45 tours en carrière, premier sous cet appellation. Cette fois, c’est la compagnie Aquarius, alors en pleine expansion, qui lance ce simple. Et c’est une autre compagnie appelée à exploser quelques années plus tard, qui s’occupe de la promotion : Donald K. Donald. Le groupe a toutes les chances de son bord! 

Leur excellente chanson rock psychédélique Get Your Thing Together, écrite et composée par le réputé producteur Martin Martin (Marty Hill), et réalisée par Hank Squires (qui avait aussi travaillé avec The Haunted) culmine au #5 du palmarès de CFOX à Montréal (le 10 avril 1970), au #1 dans les maritimes et connaît un succès intéressants sur les ondes radio dans le reste du Canada.Visitez le blogue Garage Hangover pour en savoir plus sur cette chanson. En face B, se trouvait la chanson Marble Hall, aussi écrite et composée par Martin Martin. Je l'ajouterai à l'entrée plu tard, ainsi qu'une photo du 45 tours en question.

Marble Hall - Get Your Thing Together

M. Redmond se souvient de l’enregistrement :
BR: To my best recollection, Phil Vyvial, played guitar and did back up vocals with radio CFOX DJ Bill Lowell. Michel Dugas also on guitar... Bill and Phil really should have done the lead vocal, they were excellent... however I sang it and did the drum track with a very weird sound which we thought was cool... (it wasn't ) but kids liked it... we recorded it in a studio in the Cote-Des-Neiges area of Montreal.

Après l’aventure Marble Hall, Brian Redmond demeure avec la même équipe de production composée de Martin Martin (Marty Hill) et Hank Squires. Il lance un premier 45 tours solo en 1972, comprenant une bombe psychédélique, la chanson Imagine, écrite et composée par Martin Martin. Ce dernier avait lui-même enregistré la chanson Imagine sous son propre nom, en plus de la faire enregistrer en français un certain Valjean - c'est mon collègue Sébastien Desrosiers de Patrimoine PQ/Mondo PQ qui me l'a fait découvrir -, sur qui je n’ai retracé aucune information. Brian Redmond, aka Mashiya, en livre lui aussi une excellente version.


BR : "Imagine" was recorded by Brian Redmond in 1972 on London M.216 and then again appeared on the flip side of a song called "Chimbombay" recorded by "Mashiya" (Brian Redmond) again in 1972 both produced by Hank Squires and actually Jim Bentley was also the Executive producer. Phil Vyvial arranged "Chimbombay".

Mashiya - Imagine






Étonnement, M. Redmond se trouve un nouveau pseudonyme. C’est sous le nom Mashiya qu’il sera connu à partir de 1972 environ. Mashiya signifie « The Runner », probablement en langue africaine, parlée en Afrique du Sud. Je suppose que l’influence du réalisateur Hank Squires, lui-même d’origine sud africaine, ait un rôle à jouer dans le choix de ce nom. Le premier simple de Mashiya comporte justement une chanson au titre à consonance africaine : Chimbombay.





M. Redmond se souvient de ce disque :
BR : It was a studio effort which received excellent air play in actually Adult Contemporary markets... CJAD played it a lot when they actually played some music in the morning show with the late George Balcan.


Mashiya - Chimbombay





Un second 45 tours de Mashiya est aussi lancé en 1972. Cette fois, c'est avec la participation d'un obscur partenaire nommé Shaka que ce disque est lancé. En face A, on y retrouve une nouvelle version de Chimbombay, cette intitulée Chimbombay, amène moi et chantée en français.

Shaka - Chimbombay, amène moi







En face B, on retrouve une petite bombe de funk rock, intitulée Penser. Cette chanson est probablement le trésor le mieux caché de toute la carrière de M. Redmond. Mais quelle bombe! Ça groove, ça arrache, ça tombe pile dans mes cordes. Une autre composition de Brian Redmond réalisée par Hank Squires et produite par Martin Martin. Quel trio!

Shaka et Mashiya - Penser (extrait)








L'aventure Mashiya sonne le glas de la carrière musicale de Brian Redmond. Il continuera à jouer dans différents groupes de covers à succès, jusqu'à ce qu'il décide de se tourner vers le rôle de DJ, à la fin des années 70, avec l'arrivée du disco. Dans les années 80, son entreprise comptait jusqu'à 9 DJs employés! Aujourd'hui, M. Redmond est le seul à spinner des disques derrière ses wheels of steel. Il y a quelques années, M. Redmond s'est remarié avec son nouvel amour, Malou. Visitez le site de l'entreprise de Brian Redmond ici.

En guise de conclusion, une pensée de M. Redmond:

BR: Most of the musicians in the West Island of Montréal back in the 60's came from middle class modesty. We barely had time to learn our craft well. A few on the english side went on to do better places, April Wine had great success and some others.

For most of us, we rocked and rolled so to speak for up to a decade and then had to move in another direction. The memories are vivid, even today. The club business was brutal. Recording back then was a challenge to say the least. We would put together whatever money we could find and at least get into a professional studio, but all would be done in 3 hours. Maybe, 3-4 mics and 4 track tape, that was it.

I would knock on radio station doors with 45's in hand and try and secure a little airplay. We had nothing to lose, not iTunes believe me. One could not survive this lifestyle for long, it was fun but crazy. Sadly the old tapes of many english groups who appeared on CFCF tv were destroyed.

We would haul in our equipment and do these tv shows live, then go to a gig which could be miles away in second hand vans that started when they choose to.

There came a moment when I personally realized that it was time to retire and have not looked back since, great memories, but to have continued, more talent that I possessed would have been needed....what a blast though. Did my best to leave a very humble mark.

Un énorme merci à M. Brian Redmond qui a accepté de partager ses souvenirs et ses archives avec nous.
A huge thank you to Mr. Redmond who kindly accepted to share his archives and memories with us.

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