04/10/11

Jimmy Bond - Garage et soul!


Jimmy Bond. Pas de doute, il a un nom cool. Mais sa carrière est très overlookée. En fait, son nom est resté gravé dans la mémoire populaire pour ses chansons d'amour chantées en duo avec la belle Nicole Martin au milieu des années 70. Pourtant, Jimmy Bond a enregistré plusieurs excellentes chansons dans les domaines du garage, du soul, du funk et du psychédélique léger.

André Champagne, de son vrai nom, est né à Montréal en 1943. C'est en 1966 qu'arrive son premier enregistrement avec Jimmy Bond et Les Goldfingers, sur disques Apex. On imagine très bien que son nom d'artiste et celui de son groupe soient inspirés par la vague de popularité des films de James Bond. Goldfinger est lancé en 1964 et The man with the golden gun est lancé en 1966. On est un plein milieu de la vague. Les deux seules chansons des Goldfingers, Lucky goldigger et Don't cry, sont deux petites pépites garage inconnues et toujours non-compilées qui méritent fortement d'être entendues.


Jimmy Bond and The Goldfingers - Lucky goldigger

Sur Lucky goldigger, on retrouve des influences rythmn and blues, quelques notes dissonantes et une énergie punk (écoutez les cris durant le solo de sax!) qui me rappellent The Sonics, sans toutefois accoter le niveau sauvage des maîtres du garage 60's de Tacoma, WA. Une chose est sûre, on remarque tout de suite la voix de Jimmy Bond: puissante, éraillée et incisive. C'est tout un "put down song" et quel beau Nugget de garage québécois complètement inconnu!


Jimmy Bond and The Goldfingers - Don't cry

Sur Don't cry, on retrouve encore une fois, des notes dissonantes assez cool, mais surtout un rythme entraînant qui donne assurément le goût de taper des mains. Le reste de la chanson démontre moins de guts que la première, mais c'est tout de même un morceau fort intéressant. Ce sera déjà le chant du signe pour les Goldfingers.


Jimmy Bond - Que tu ne fais... qu'un jeu

On en arrive à ma préférée de Jimmy Bond. En 1968, il lance en solo son deuxième 45 tours sur étiquette Sabre. Cette fois, c'est vers le soul d'Eddie Floyd qu'il se tourne, avec une reprise francophone de Knock on wood, qui devient Que tu ne fais... qu'un jeu. C'est pas la meilleure version que j'aie entendue, mais elle tient très bien la route. À vrai dire, les reprises de soul de cette qualité au Québec, particulièrement en français, se font assez rares. J'ai attendu longtemps avant de mettre la main sur ce disque et je suis bien content de le compter dans ma collection.

Jimmy Bond - Hot pants


Jimmy Bond lance ensuite différents 45 tours, dans différents genres. Probablement une époque de recherche. Au milieu de ces essais, Hot pants, un morceau funky et léger qui vaut une écoute. Non, ce n'est pas une reprise de la chanson de James Brown du même nom. Stéphane B du blogue La mémoire retrouvée nous informe que c'est plutôt une reprise du groupe Salvage.

Au cours de cette même époque, M. Bond a aussi lancé une version funky de Na-na-hey-hey (kiss him goodbye). Le surnommé Eiffel, auteur du blogue C'était hier, a généreusement partagé avec nous photo et fichier numérique de cette chanson. Un énorme merci à vous! Ça vaut le coup d'être entendu! La batterie et le wha-wha donnent une belle touche funky à son interprétation.


Jimmy Bond - Na na hey hey - dis-lui bonsoir

Au tournant des années 70, Jimmy Bond se fait une blonde. Il s'agit de la belle Nicole Martin. Ensemble, ils enregistrent plusieurs duos amoureux. Cette relation semblait assez fusionnelle...


En 1973, probablement le temps d'une nuit esseulée, Jimmy Bond lance une chanson psychédélique légère bien pop intitulée L'avion supersonic, qu'il co-écrit d'ailleurs avec Pierre Létourneau. On n'est plus en terrain soul, mais l'écoute est agréable et le voyage vaut le prix du billet.


Jimmy Bond - L'avion supersonic

M. Bond, si vous avez le goût de partager plus d'informations, d'enregistrements, de photos ou de souvenirs avec nous, contactez-nous ici!

Bienvenue sur Vente de garage, le podcast et le blogue